Watering Mapping: Thinking with the Lachine Rapids (v.f.)

Les pratiques de cartographies se verront peut-être transformées radicalement par la pensée avec l’eau. Voilà la ligne directrice que propose Cecilia Chen. En effet, l’eau met la vie en rapport avec d’autres vies. Elle communique entre différentes sortes de corps, d’une échelle à l’autre. Lorsqu’elle accomplit ses mouvements les plus animés et potentiellement mortels, l’eau rapproche les cultures humaines de leurs autres, qu’ils soient humains, viraux, végétaux, animaux, minéraux ou hybrides. D’abord, la cartographie est une pratique représentationnelle qui cadre les connaissances de manière sélective, tout en aspirant à une autorité supposée neutre qui délimiterait comment naviguer, penser et imaginer nos trajectoires futures dans un endroit donné. Cependant, la territorialité stable s’érode dès que les pratiques de cartographies suivent les mouvements de l’eau dans et entre les bassins versants, les paysages, les villes et les corps. Il est vrai que chaque processus de cartographie contribue à faire l’espace et donc à réitérer le monde. Ainsi, à l’aide d’une approche critique mais productive envers la cartographie, nous pouvons permuter les pratiques topographiques afin qu’elles passent d’un effort de territorialisation et de fixation de l’eau comme ressource abstraite, à des pratiques de faire-l’espace signées collectivement qui nous aiderons à négocier consciencieusement nos rapports les uns aux autres, ainsi qu’avec l’environnement. Si les territoires humains sont des hybrides socio-naturels inséparables de leur contexte plus large, de bassins versants et d’écosystèmes, alors ces premiers gestes de représentation d’espace à travers la cartographie sont essentiels à la compréhension de ces rapports. Plus précisément, cette présentation porte sur la question suivante : « Comment cartographier avec les rapports aqueux des êtres vivants et des écosystèmes des rapides de Lachine peut-il nous aider à imaginer l’endroit où nous vivons comme étant saturé et transformé dynamiquement par la relationnalité indisciplinée de l’eau ? »