Stream of Consciousness (2010) (v.f.)
Au fur et à mesure que les mots s’unissent en un flot de conscience, ils donnent forme à des pensées qui, sans eux, demeurent informes et transitoires. Renshaw souhaite coudre et attacher des mots ensemble à partir de matériaux organiques qui seront ensuite laissés en dérive le long d’un ruisseau. Cette intervention matérielle flottera sur l’eau, un poème sculptural mobile. Inscrit d’un texte improvisé, il se dissoudra peut-être dans l’eau, ou peut-être sera-t-il recomposé par le courant. Des lettres et des mots, joints comme des chaînes d’algues, se mêleront et se sépareront comme les modèles changeants du langage et de la mémoire. Tout comme les constructions linguistiques sont sujettes à l’usure du temps – et à l’oubli – les matériaux de cette œuvre se décomposeront ou se dissoudront laissant à peine une trace dans l’environnement. Idéalement, les matériaux proviendront du site même où les mots seront à la fois composés et relâchés. Renshaw pourra donc choisir de recomposer des feuilles ou autres épaves trouvés sur le site afin de créer son poème aquatique. Étant donné la dynamique complexe de l’écriture dans l’eau, chaque étape appliquée mais improvisée du processus créatif aura un impact crucial sur l’ensemble. On dit du temps, comme de l’eau, qu’il coule. Cette œuvre matérialisera cette relation métaphorique, permettant à l’eau et au temps d’agir sur les mots fabriqués de l’œuvre. En outre, Renshaw nous invite à contempler ses actions délibérées, au fur et à mesure qu’elle relâche ses mots, contenants de sens et de pensée éphémères, à prendre et perdre forme dans un courant aqueux de conscience.
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