Reading the Mega-Dam for the Flows of Globalization (v.f.)

Étant donné cette ère de « courants » mondiaux et de blocages historiques, au milieu d’une crise de « liquidité » financière et une rhétorique générale d’idéologies, de communautés politiques et d’identités « fluides, » le barrage hydroélectrique domine comme icône ainsi que comme technologie de rapports de force mondiaux riche en signifiance métaphorique et matérielle. D’un côté, le barrage promet la modernité et l’électrification – un investissement moderniste – tout en subordonnant ce qu’on appelle nature à ce qu’on appelle nation. De l’autre côté, l’ombre du barrage est un héritage d’exploitation et de destruction autour du monde, héritage fondamental à la production et reproduction du système mondial néocolonial contemporain, et ayant inondé certains peuples et endroits spécifiques d’une dette profonde et toxique qui n’est pas que financière, mais aussi écologique, sociale et culturelle.

Afin de disséquer ce site dense d’une lutte mondiale, la présentation de Haiven se décline en trois parties. Premièrement, il suggère que les scènes de dénouement des récentes superproductions d’Hollywood, où l’on voit des barrages céder, révèlent à la fois une profonde ambivalence et un désir dans l’inconscient occidental politique. Il perçoit ces scènes récurrentes d’écroulement structurel formidable comme étant un désir vexé néo-diluvien de retour à des eaux réprimées et opprimées – un contrepoint apocalyptique à la modernité et à la mondialisation à partir des quartiers privilégiés de l’ordre mondial (par exemple, voir Le seigneur des anneaux : Les deux tours [2002] ; X-Men 2 [2003] ; et Transformers [2007]). Deuxièmement, Haiven mesure les forces politiques, économiques et culturelles des partisans des barrages hydroélectriques ainsi que celles de la résistance, à l’aide de la recherche d’Arundhati Roy, auteure, essayiste et activiste anti-barrage de renommée mondiale. Finalement, Haiven se tourne vers L’herbe verte, l’eau vive de Thomas King (1999), un roman qui prend place à l’ombre d’un barrage construit illégalement sur le territoire des Pieds-Noirs dans le sud de l’Alberta. Au cours du roman, les figures de l’eau et de la fluidité contrecarrent de manière espiègle les blocages historiques, culturels et sociaux du colonialisme continu. À travers la brèche et l’effondrement de ces barrages exemplaires, Haiven navigue une mondialisation potentielle de la base.