Fluid Relations: Water and Ecological Citizenship (v.f.)
Situant l’eau au cœur d’une théorie matérialiste de la citoyenneté, Gwendolyn Blue vise à produire une « dislocation » dans les imaginaires anthropocentriques et capitalistes, facilitant la prise de conscience que les conceptions de citoyenneté et de consommation plus-qu’humaines et anti-marché sont non seulement possibles mais vraisemblablement nécessaires. Dans le cadre de la citoyenneté, sa communication évoque la considération des espèces multiples qui appartiennent à une région donnée, où l’appartenance ne dépend d’une identité ni politique ni culturelle, mais de dépendances et de prédilections matérielles et incarnées. En autres termes, la citoyenneté est perçue comme un champ de bataille où se jouent les possibilités politiques et éthiques.
L’exemple des canards des sables bitumineux permet à Blue de faire travailler ces tensions et ces potentiels situés au centre du concept de citoyenneté. En avril 2008, on déclarait cinq cents canards morts dans un bassin de résidus du mégaprojet industriel de sables bitumineux de l’Alberta. Plus tard, le nombre de morts se chiffrait à 1600. Les images et les reportages de ces oiseaux mourants se multiplièrent sur les chaînes nationales et internationales, éveillant l’inquiétude d’un nombreux public. Imaginer une citoyenneté qui inclut les corps plus-qu’humains, dans un cas comme celui-ci, peut aider à recadrer les questions de responsabilité de manière à souligner, et non pas nier, nos dépendances écologiques mutuelles. Qui plus est, comme les disputes mondiales éclatent quant au droit à l’eau, les redéfinitions théoriques peuvent servir d’alliés politiques, ouvrant des espaces discursifs où les liens entre l’eau, la citoyenneté et les droits peuvent être perçus comme légitimes et viables.