The Aesthetics, Science, and Politics of Gelatinous Creatures, or Rancière and Latour at Sea (v.f.)

Les méduses et autres créatures gélatineuses flottent au-delà de la compréhension humaine dans une zone où la science et l’esthétique voguent ensemble dans un flot déroutant. Comme les scientifiques s’efforcent de capturer, distinguer et catégoriser ces formes de vie fragiles et fluides, qui deviennent des « formes floues gélatineuses et transparentes » ou « une bouillie méconnaissable » (Madin) lorsqu’on les remonte en chaluts, des photographies frappantes les représentent comme objets esthétiques distincts – « joyaux » étincelants, parfaitement placés contre un arrière-plan noir. Se démarquant de la critique habituelle de la « éco-porno » hautement esthétique, Alaimo raisonne que les photos des méduses peuvent être comprises comme des moments d’attention, d’émerveillement, et de préoccupation, moments qui peuvent promouvoir une reconnaissance posthumaniste de ces créatures. Flottant aux limites de l’imagination humaine et des découvertes scientifiques, les zooplanctons gélatineux reconfigurent le sensible – à la fois le perceptible et l’intelligible. Si le politique est une affaire esthétique, étant donné sa manière polémique de formuler le bon sens (Rancière), les représentations de méduses invoquent la légitimation de créatures aux extrémités de la définition même d’un animal, incitant une sphère politique plus bleue. Quoique Latour n’inclue pas l’art dans sa collectivité, la représentation esthétique de ces entités jusque-là invisibles pourrait rendre possible le collectif qu’il imagine, vu que ces images déconcertantes ont le potentiel de reconfigurer les conditions du possible pour la catégorie du nonhumain. Et pourtant, les portraits de méduses, hautement esthétiques, entraînent un plaisir et un émerveillement qui n’est pas directement transférable à l’éthique, à la politique ou aux pratiques de protection des espèces, étant donné que ces corps gélatineux prétendument fragile prolifèrent malgré la pollution et les écosystèmes perturbés.